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Pr Claude Dreux, Président du Cespharm

« Les pharmaciens d’officine ont un rôle clé à jouer dans la lutte contre l’arrêt cardiaque en France »

Pr Claude Dreux
Pr Claude Dreux, Président du Cespharm

Pr Claude Dreux, Président du Cespharm et membre des Académies de Pharmacie et de Médecine


Le Cespharm accompagne la FFC depuis de nombreuses années dans ses campagnes de prévention. Pouvez-vous nous présenter, en quelques mots, le Cespharm et ses missions ?

Le Cespharm – Comité d’Education Sanitaire et Sociale de la pharmacie française – a été créé le 11 février 1959 par Pierre Rolland, alors Président de l’Ordre national des Pharmaciens. pPus de la moitié des pharmaciens titulaires (officinaux et biologistes) font appel au Comité, qui fête cette année son 50ème anniversaire. Son principal objectif est de former et d’informer les pharmaciens sur toutes les questions liées à la santé publique, à la prévention, à l’éducation à la santé et depuis peu à l’éducation thérapeutique des patients.
Pour remplir ces différentes missions, le Cespharm édite et diffuse des documents spécialement conçus pour les pharmaciens : fiches techniques, articles scientifiques et/ou techniques dans la revue « Les nouvelles pharmaceutiques », documents de référence. Le Comité propose également aux pharmaciens d’officine des affiches à apposer sur les panneaux destinés aux opérations « vitrine » consacrées à l’éducation à la santé.


Vous êtes partenaire de la FFC dans le cadre de la campagne Arrêt cardiaque : 1 vie = 3 gestes. Pour vous, quel rôle doivent jouer les pharmaciens dans la lutte contre l’arrêt cardiaque ?

Les Français ont confiance en leur pharmacien, qu’il considère comme une source d’information fiable pour leur santé. Le pharmacien est donc un relais essentiel d’information vers le grand public. Concernant plus spécifiquement l’arrêt cardiaque, nous savons que chaque année près de 50 000 personnes en sont victimes ; nous nous devons donc d’être aux côtés de la FFC pour lutter contre ce fléau.

Le Cespharm produit lui-même de nombreux documents d’information, mais il ne peut couvrir tous les thèmes liés à la santé. Nous diffusons également des documents qui sont mis à notre disposition par des organismes de santé comme l’INPES ou l’AFSSAPS ou par des structures associatives comme la FFC avec laquelle nous avons notamment co-produit en 2008 une fiche d’information des pharmaciens sur l’arrêt cardiaque.

Il est également important de souligner qu’aujourd’hui une formation aux premiers secours est proposée dans toutes les facultés aux étudiants en pharmacie. En ce qui concerne la formation continue des pharmaciens, elle est également assurée par la Croix-Rouge française qui assure des sessions de remise à niveau régulière. Les pharmaciens  et les équipes pharmaceutiques sont donc en capacité d’effectuer les gestes qui sauvent si un arrêt cardiaque est signalé à proximité de l’officine.


Quelles implications doivent avoir les pharmacies d’officine dans les programmes d’implantation de défibrillateurs menés par les collectivités territoriales ?

La lutte contre l’arrêt cardiaque est aujourd’hui une priorité de santé publique. Les pharmaciens d’officine ont un rôle, parfaitement légitime, à jouer dans ce combat pour la vie. Toutefois, nous constatons à l’heure actuelle une dérive qui nous inquiète. En effet, un nombre de plus en plus important d’acteurs de la santé s’emparent de ce sujet pour élargir le champ de leurs actions.

Cette tendance à vouloir se substituer aux structures officielles n’est pas saine. C’est pourquoi le Cespharm encourage fortement ses membres à s’associer à toute réflexion menée par les autorités locales autour d’un programme d’installation de défibrillateurs. Les pharmacies sont des lieux connus de tous, facilement repérables, et qui contribuent à un bon maillage du territoire communal.


Pouvez-vous nous citer des exemples particulièrement représentatifs de partenariats qui peuvent être établis entre des collectivités et des pharmaciens ?

Des accords ont déjà été signés entre des syndicats régionaux de pharmaciens et des collectivités territoriales pour installer des défibrillateurs externes entièrement automatisés. Les installations varient en fonction des accords régionaux : les appareils sont le plus souvent installés à l’extérieur de l’officine, dans un boîtier qui les protège des intempéries. C’est l’option choisie par les villes de Caen et de Nantes. En revanche, les pharmacies de la communauté urbaine du Grand Nancy ont choisi l’installation des appareils à l’intérieur de l’officine, le système de garde permettant d’assurer une disponibilité quasi continue des appareils.


Pour en savoir plus, www.cespharm.fr (à partir du mois de septembre prochain).

Arret cardiaque : appeler, masser, défibriller. 1 vie = 3 gestes. en 1h30, apprenez à sauvez une vie. Fédération Française de Cardiologie.
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